Musique et soignants

Aujourd’hui je voudrais parler de l’effet de la musique sur les soignants.

Au cours de mes diverses expériences, il est arrivé que des soignants soient présents, soit en écoute, après les soins,  soit acteurs des soins pendant la séance.

Les séances après les soins ont un objectif de détente et d’apaisement, de plaisir, d’améliorer l’estime de soin pour certains,  d’oublier un instant la maladie.

Nous travaillons la plupart du temps en binôme aide-soignant(e)/infirmier(e). Il arrive ainsi qu’un(e) collègue soit présent(e) lors d’une séance musicale après les soins, ils en sont spectateurs et écoutant. La musique ne laissant personne indifférent, ils sont généralement touchés, et/ou émus par la détente et l’émotion ressenties par les patients, et par les effets exprimés également par les proches.

Lorsque je joue pendant un soin, l’objectif est différent. Il s’agit d’un soin douloureux et/ou anxiogène, qui met à mal le patient, et par ricochet le soignant. Il n’est jamais confortable de faire un soin que l’on sait générer des tensions, des douleurs ou des peurs chez le patient. Bien sûr il y a les antalgiques et les anxiolytiques que l’on donne avant le soin, mais la situation reste néanmoins compliquée dans certains cas.

Je pense notamment à ce patient dont la toilette était très difficile à cause de gestes incontrôlés et d’une grande angoisse. Le jour où je suis venue jouer pendant la toilette a été un moment dont on se souviendra longtemps. Dès que j’ai commencé à jouer, ma collègue aide-soignante a fondu en larmes en même temps que l’épouse du patient, je ne savais plus si je devais continuer ou m’arrêter. Après réflexion, j’ai pensé que libérer des émotions était probablement une bonne chose pour toutes les deux.

Après les larmes, est venu le moment de l’apaisement, où le patient était tranquille, son épouse à son chevet et lui parlant à l’oreille. Mes deux collègues ont fait la toilette avec des gestes lents et mesurés, ils étaient accordés ensemble. Leur témoignage rapporte un moment d’une grande émotion, mais aussi d’un soin fait calmement, tranquillement, dans la lenteur et la douceur.  Le patient était calme, les soignants détendus.

Le deuxième exemple marquant a été cette patiente avec une tumeur étendue, dont la réfection du pansement était très éprouvante pour elle (douleur, atteinte de l’image corporelle, odeurs…), mais aussi pour nous. Elle avait complètement décroché du soin pendant que je jouais, avait même chantonné, a « voyagé ».

La musique a beaucoup aidé la collègue qui faisait le pansement, elle a dit avoir été plus détendue et sereine pendant ce soin difficile.

Plus récemment, j’ai joué pendant que ma collègue massait un patient. Je ne sais pas si la musique conduit le massage ou l’inverse, en tout cas, ça a été un moment aussi relaxant pour le patient que pour la masseuse!

La musique adoucit les mœurs, mais aussi les gens, qu’ils soient acteurs ou auditeurs.

 

 

 

 

 

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