L’ après

Lorsque l’on accompagne un-e patient-e, nous rentrons dans un domicile, dans une famille, dans leur vie. L’hospitalisation à domicile  peut être vécue comme une intrusion dans l’intimité de la personne et sa famille, et ça l’est! Vécue également comme un envahissement. Il faut parfois cacher les cartons, ranger le matériel dans des placards, « pour ne pas que ça fasse hôpital » .

Nous sommes là tous les matins, et parfois aussi les soirs. Nous rencontrons et soutenons le ou la conjointe, la mère ou le père, les frères et sœurs, les amis… nous sommes des soignants, nous représentons la maladie, mais aussi une présence rassurante, une oreille attentive, un regard bienveillant.

Lorsque les soins et l’accompagnement se prolongent sur plusieurs semaines, nous connaissons les habitudes de chacun-e, comme eux ont également appris à nous connaître. Une relation s’installe peu à peu.

L’état du patient se dégrade, le décès survient. Nous avons été présents jusqu’au bout à la maison, ou nous avons pris des nouvelles si la personne était hospitalisée.

Nous retournons une dernière fois au domicile, afin d’organiser le retrait du matériel, et puis, dire au revoir. Reparler un peu du défunt, soutenir le « restant ».

Pour lui, c’est le vide. Vide de l’être aimé perdu, vide de ces allées et venues pendant des semaines, vide de notre bonjour, du « dehors » que l’on apportait avec nous.

Certaines personnes nous envoient des messages, pour remercier, et un peu pour garder le contact. Nous répondons, ou pas. Chacun-e fait comme il-elle ressent les choses, il n’y a pas de règles. Sauf celle de ne pas se laisser envahir. Pour nous, la vie continue, d’autres patients nous attendent, d’autres familles. Nous ne pouvons pas garder le contact avec tout le monde, en revanche, nous n’oublions personne.

 

 

2 réflexions sur “L’ après

  1. Oui, je comprends, c’est si difficile ! En même temps, ceux qui restent savent qu’ils peuvent vous parler de la personne disparue en toute liberté et ça doit être très important pour eux. Pour ma part, je joue parfois de l’orgue pendant les obsèques (à Saint-Saturnin de Champigny en général) et je me dis que la musique est un soutient pour la famille de la personne disparue.
    La semaine dernière, j’étais à l’orgue pour les obsèques d’une dame de 73 ans, très dynamique, qui avait repris des études d’histoire de l’art à 42 ans et exerçait son métier de conférencière avec passion… jusqu’à ce qu’elle soit atteinte d’un cancer il y a un an.
    Le comble pour la famille, c’est que son mari est décédé 3 semaines avant elle d’un infarctus !
    Ils se sont donc retrouvés pour la 2nde fois à l’église.
    Je regrette que les organistes ne puissent pas être plus présents auprès de la famille que les soignants.
    Bisous.
    Michèle

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