La musique et moi, c’est une longue histoire. J’ai été sensibilisée à la musique par mon père qui me passait de la musique classique alors que j’étais toute petite. Il paraît que j’étais plus intéressée par le fait de regarder tourner le disque (je suis de l’époque des 33T) que par l’écoute proprement dite. Permettez-moi d’en douter.

J’ai commencé à ma demande à jouer de la flûte à bec vers 7 ou 8 ans, puis du piano un peu plus tard. A 15 ans, j’ai eu un véritable coup de foudre pour un énorme instrument à cordes, la contrebasse. J’ai aimé sa voix grave, la profondeur de ses sons, sa place à part dans l’orchestre, la beauté de ses courbes. L’idée de jouer de cet instrument ne m’a pas quittée,un peu comme le « je l’aurai un jour » de la pub.

Après un bac option musique, j’ai tenté quelques semaines en fac de musicologie, mais l’appel de la contrebasse s’est fait de plus en plus fort, et j’ai laissé tomber les cours. Je me suis lancée corps et âme dans l’apprentissage intensif de cet instrument qui me faisait tant rêver… de 4 à 6 heures par jour pendant 8 ans. Ayant déjà une pratique musicale de plusieurs années, j’ai atteint rapidement un niveau acceptable et suffisant pour gagner quelques sous en jouant en renfort dans des orchestres pour des concerts.  J’ai également été prof de formation musicale et de contrebasse dans un conservatoire, en attendant de réaliser mon rêve, être contrebassiste d’orchestre.

Lorsque l’on veut intégrer un orchestre symphonique, il faut passer par la case concours. Les places sont très chères, un poste pour cinquante candidats. Il faut être le (la) meilleur(e), être au top tout le temps. Comme un sportif de haut niveau. Ne pas fléchir. Avoir l’esprit de compétition. Et ça, ça ne m’a pas du tout plu. Ce n’est pas mon trait de caractère principal. Du coup, j’ai arrêté, découragée, et ai trouvé un boulot alimentaire, vendeuse de pianos.

Puis la vie de famille, les aléas de la vie, ont fait que le temps a passé, jusqu’à ce que je me réveille, et retrouve le projet professionnel de mon adolescence, infirmière. Les enfants ont grandi, la vie est devenue un peu plus facile, me laissant du temps pour moi. J’ai pu retrouver ma grosse copine et recommencer à faire chanter sa voix grave, en me demandant comment j’avais pu passer 10 ans sans elle. 

Entre temps, j’avais convaincu mon père de se mettre à la musique. Il disait toujours, « j’aurais tellement aimé… » Moi je reste convaincue qu’il n’y a pas d’âge pour apprendre la musique, et surtout pas d’âge pour prendre du plaisir. Il a fait un peu de piano, puis il a commencé la clarinette. Certes, il n’a jamais été un grand virtuose, mais il a pu se faire plaisir, c’était le but. Et heureusement qu’il l’a fait, car il nous a quitté trop tôt. Il en aura profité quand même quelques années… en laissant sa clarinette. Je n’aime pas savoir qu’un instrument de musique n’est plus joué, celui de mon père encore moins. Alors j’ai décidé d’appendre à en jouer, pour continuer à faire vivre cette clarinette devenue silencieuse. Et j’ai adoré. Souffler dans un instrument, c’est comme chanter, on a besoin de la respiration, doser son air, on joue directement avec son corps « intérieur », que l’on ressent plus, en tout cas au début, qu’ un instrument à cordes, où produire un son est d’abord mécanique. Evidemment que lorsque l’on joue d’un instrument, quel qu’il soit, tout notre être est en action. Mais produire un son grâce à sa respiration procure un bien-être que je n’avais connu qu’en chantant.

Souvent, après une journée de travail difficile, je rentre avec un besoin irrépressible de jouer de la clarinette. Pour m’évader grâce à la musique, mais aussi parce que respirer est relaxant physiquement. Et pour jouer de la musique chez les patients, le choix de l’instrument a été plutôt simple, je ne me voyais pas faire mes tournées de soins avec ma contrebasse à l’arrière de ma petite voiture de fonction ! De plus, je ne suis pas sûre que des sons si graves produisent le même effet magique sur les patients. Lorsque mon fils était petit, la contrebasse lui faisait peur, je ne pouvais pas en jouer devant lui! 

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